L’interprétariat en milieu de soins

L’interprétariat en milieu de soins

Le médecin n’étant pas un vétérinaire, la qualité de sa communication, de l’échange avec son patient apparaît alors essentielle pour établir un diagnostic, annoncer une maladie, expliquer les prescriptions d’un traitement ou faire de la prévention.

Par méconnaissance de l’existence même de l’interprétariat médico-social, par sous-estimation de son importance ou crainte de son coût, ou tout simplement par habitude routinière… on se contente de gestes et d’approximations ou on a recours à des « interprètes de fortune » ou informels : généralement les accompagnateurs du moment (enfants, voisins, relations, …).

Or, nous savons que l’on n’est pas interprète parce qu’on connaît (ou pense connaître) une langue.

De plus, dans les conditions d’une telle proximité entre le patient (qui doit livrer une part de son intimité) et son accompagnateur, le dialogue est forcément limité, sinon dangereusement tronqué, au mépris des règles régissant le secret médical et professionnel.

Dans beaucoup de cas, les « interprètes informels » ou « de fortune » dans le domaine de la santé et dans les structures de soins sont à l’origine de contresens graves : traductions incorrectes, omission de certaines questions ou réponses par méconnaissance, par difficulté de traduire le sujet ou parce que celui-ci semble embarrassant.

Seul le recours à des réseaux d’interprètes professionnels, formés au métier de l’interprétariat, soumis aux règles de la confidentialité, du secret professionnel et de la neutralité, formés aux thématiques médicales, permet de donner au dialogue entre le soignant et le patient la même qualité pour des personnes ne maîtrisant pas ou mal la langue française que pour les autres personnes.

En favorisant la communication entre le patient et le personnel soignant, l’adhésion au traitement et au suivi médical, la prévention, l’information des proches éventuellement concernés par la pathologie, l’orientation vers les spécialistes appropriés sont ainsi rendus possibles.

L’éthique médicale s’en trouve garantie, en termes de qualité des informations transmises, de recueil de consentement éclairé quand il est nécessaire, et de respect de la confidentialité et du secret médical.

L’efficacité thérapeutique est renforcée dès lors que sont rendus également possibles la compréhension des recommandations médicales, le consentement réellement éclairé du patient et qu’une relation de confiance entre le patient et le soignant s’instaure.

Seuls cette relation de confiance et ce dialogue rendus possibles permettent une intervention médicale de qualité tant au niveau préventif que curatif :

une meilleure information sur les modalités de prévention, d’observance et de suivi médical (biologique et clinique),

une meilleure information sur les modes de transmission et les moyens de prévention des maladies infectieuses,

une meilleure compréhension des effets secondaires et des obstacles à l’observance.